loading . . . Microsoft, Google, Amazon... Comment l'IA fait exploser les émissions carbone des géants de la tech Par TV5MONDE
Les émissions carbone combinées de Microsoft, Amazon et Google ont grimpé de près d'un cinquième sur leur dernier exercice 2025, atteignant 119 millions de tonnes équivalent CO2, selon une analyse du quotidien britannique The Guardian. En cause: la construction effrénée de centres de données pour alimenter leurs infrastructures d'intelligence artificielle.
Les émissions carbone combinées de Microsoft, Amazon et Google ont grimpé de près d'un cinquième sur leur dernier exercice 2025, atteignant 119 millions de tonnes équivalent CO2, selon une analyse du quotidien britannique The Guardian. En cause: la construction effrénée de centres de données pour alimenter leurs infrastructures d'intelligence artificielle. Un tiers des émissions gaz carbonique de la France: c'est ce qu'ont rejeté ensemble Microsoft, Amazon et Google sur leur dernier exercice, soit 119 millions de tonnes équivalent CO2, selon une analyse du Guardian publiée samedi 11 juillet. La faute à la construction effrénée de centres de données pour alimenter leurs intelligences artificielles, qui a fait bondir leurs émissions combinées de près d'un cinquième en un an. L'année précédente, ce total s'élevait à 101 millions de tonnes, un niveau proche de l'empreinte carbone de la Tchéquie en 2024. Le bond enregistré cette année 2025 marque un net coup d'accélérateur. Les émissions de Microsoft ont grimpé de 25%, à 20 millions de tonnes. Celles de Google ont progressé de 18%, celles d'Amazon de 16%. Ce trio partage les mêmes ambitions de neutralité carbone: Google et Microsoft visent 2030, Amazon 2040. Mais la trajectoire s'inverse. Les émissions de Microsoft, restées quasi stables à 16 millions de tonnes en 2023 et 2024, viennent de repartir nettement à la hausse. Google et Amazon: des hausses spectaculaires Vu sur cinq ans, la hausse est plus spectaculaire encore. Les émissions de Google ont grimpé de 82% depuis 2019, celles d'Amazon de 58%, selon les bilans environnementaux publiés le 30 juin et le 1er juillet par les deux groupes. Signe que le problème s'aggrave: leurs émissions augmentent désormais plus vite que leurs ventes, une première depuis au moins 2021 pour Amazon. (Re)lire Google et Amazon annoncent une forte augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre, liée à l'IA Google a rejeté 18,8 millions de tonnes l'an dernier, essentiellement liées à la fabrication de ses puces et à la construction de nouveaux sites. Amazon, numéro un mondial du cloud, en a émis 80,85 millions, du fait des mêmes activités, auxquelles s'ajoutent ses entrepôts et sa flotte de livraison. Ses émissions liées aux fournisseurs et à la construction ont bondi de 20% sur l'année, plus vite que l'ensemble du groupe. "Notre déploiement d'infrastructures d'IA s'accélère actuellement plus vite que le réseau électrique ne se décarbone" , reconnaît Kate Brandt, directrice du développement durable de Google. Son homologue chez Amazon, Kara Hurst, directrice du développement durable du groupe, admet de son côté que "la hausse de la demande pourrait ralentir" ses ambitions environnementales. Microsoft, une consommation septuplée d'électricité Le cas de Microsoft, dont le rapport est paru jeudi 9 juillet , illustre la même dynamique. Le groupe de Redmond affiche une hausse de 25% de ses émissions sur l'exercice clos en juin. Sa consommation d'eau progresse elle aussi, de 22% sur un an, un rythme plus soutenu qu'en 2024 (+15%) et 2023 (+9%).
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Ses émissions directes progressent de 19%. Mais c'est surtout sa consommation d'énergie, en hausse de 614% (plus que septuplée), qui tire l'ensemble vers le haut. Cette envolée est dopée par l'accélération de la construction de centres de données et par la décision du groupe d'arrêter d'acheter des crédits carbone pour compenser ses rejets. Pour alimenter ses infrastructures, Microsoft s'appuie notamment sur le gaz naturel, une énergie fossile abondante aux États-Unis. Cette envolée reflète l'ampleur des investissements engagés par le secteur. Les géants de la tech doivent consacrer 765 milliards de dollars à la construction de centres de données cette année, de la Norvège au nord de l'Angleterre, selon le Guardian. Le cabinet immobilier JLL prévoit la construction d'environ 1.200 centres de données dans le monde d'ici 2030, portée quasi exclusivement par la demande liée à l'IA. Des géants des nouvelles technologies sous pression Les trois géants des nouvelles technologies mettent en avant leurs contre-arguments. Google assure que ses systèmes d'IA ont permis d'éviter l'émission de 41 millions de tonnes de CO2 ailleurs dans l'économie l'an dernier. Mais le vocabulaire employé trahit une prudence croissante: comme Microsoft a notamment retiré de son rapport 2026 la feuille de route qui chiffrait ses étapes avant 2030.
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Le 23 juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait appelé les patrons de l'IA à "dire toute la vérité" sur le coût écologique de leurs centres de données, réclamant la publication de leur empreinte carbone, hydrique et foncière d'ici la fin de la décennie. Le secteur mise pourtant de plus en plus sur le gaz naturel pour répondre à ses besoins. Un rapport de l'ONG Environmental Integrity Project recense 74 centrales à gaz en projet aux États-Unis pour alimenter des centres de données, susceptibles d'émettre à elles seules jusqu'à 660 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, soit l'équivalent des émissions totales de l'Australie. https://information.tv5monde.com/environnement/microsoft-google-amazon-comment-lia-fait-exploser-les-emissions-carbone-des-geants-de-la-tech-2829885