loading . . . Le clan Yoda ? Une bande de jeunes aimant taper le carton et voyager Par AFP Par Anne LE COZ © 2026 AFP
ConsidĂ©rĂ© comme l'un des plus gros narcotrafiquants marseillais, FĂ©lix Bingui, chef prĂ©sumĂ© du clan Yoda, a rĂ©itĂ©rĂ© ses dĂ©nĂ©gations vendredi, aprĂšs deux semaines de procĂšs, prĂ©sentant ses coprĂ©venus comme "un groupe de jeunes" frĂ©quentant "les mĂȘmes lieux" et partageant "la mĂȘme passion pour les cartes". "Je ne reconnais pas les faits", a rĂ©affirmĂ© d'emblĂ©e "Le Chat", jugĂ© depuis le 18 mai devant le tribunal correctionnel de Marseille pour trafic de stupĂ©fiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en rĂ©cidive, lui faisant encourir 20 ans de prison. "On m'a toujours fait passer pour une personne que je n'Ă©tais pas", a-t-il rĂ©pĂ©tĂ© Ă plusieurs reprises, mettant en cause "des rumeurs sur les rĂ©seaux sociaux". Calme, pondĂ©rĂ©, apparemment serein, cet homme de 35 ans, pĂšre de trois enfants, a admis connaĂźtre "six ou sept" de ses 19 coprĂ©venus, dont la plupart comparaissent libres. "Dans ce dossier, on me lie Ă un clan, mais j'ai rien Ă voir... On Ă©tait un groupe de jeunes, on avait la mĂȘme passion pour les cartes, on frĂ©quentait les mĂȘmes lieux, on partait en vacances, c'est tout !". SoupçonnĂ© par les enquĂȘteurs d'avoir dirigĂ© un rĂ©seau "extrĂȘmement organisĂ©", avec hiĂ©rarchie et rĂ©partition des rĂŽles, FĂ©lix Bingui nie tout, affirmant vivre Ă l'Ă©tranger depuis 2021, en Espagne d'abord, puis Ă DubaĂŻ et enfin au Maroc, oĂč il avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en mars 2024 avant d'ĂȘtre extradĂ© dix mois plus tard. ConfrontĂ© aux dizaines de sonorisations de vĂ©hicules, captations d'image et Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques, rĂ©alisĂ©es entre 2021 et 2023 par les policiers de l'Office antistupĂ©fiants (Ofast), il avance d'autres explications. Ses nombreux allers-retours en Espagne ? "J'allais voir mes enfants qui vivaient Ă Malaga avec leur mĂšre". Ses sĂ©jours Ă Marseille ? "Je devais pointer pour ma conditionnelle, et j'en profitais pour voir mes collĂšgues et ma mĂšre". Ses conseils ou reproches Ă l'Ă©gard de membres du groupe, le rĂŽle de "chef incontestĂ©" attribuĂ© par les enquĂȘteurs ? "J'Ă©tais le plus grand, j'avais quatre ou cinq ans de plus, donc oui, parfois j'ai jouĂ© le rĂŽle de grand frĂšre, il y avait une forme de respect, rien de plus". Son train de vie entre hĂŽtels de luxe et vols en business ? Des "Ă©conomies" rĂ©alisĂ©es en prison grĂące Ă une activitĂ© de location-vente de voitures, mais surtout le poker et les paris sportifs, dit-il, avançant des gains jusqu'Ă 20.000 euros pour des mises maximales de 100 euros. Pour le reste, "je ne me souviens pas", "c'est trop vieux", ou encore "j'aime bien me vanter quand je suis avec une fille, faire le beau, mais c'est pas vrai !" Femmes "tarĂ©es" Parmi ses coprĂ©venus, si certains - convoyeurs de drogue, conditionneurs ou nourrices - ont reconnu les faits qui leur sont reprochĂ©s, aucun n'a mis en cause directement FĂ©lix Bingui, beaucoup affirmant ne l'avoir "jamais vu". Pourtant, femmes ou compagnes se sont montrĂ©es plus bavardes, tant dans leurs conversations tĂ©lĂ©phoniques qu'en garde Ă vue. L'une d'elles, veuve d'un membre du clan exĂ©cutĂ© en mai 2023 en Espagne par un commando de la DZ Mafia, groupe rival qui a pris le dessus sur Yoda, a accusĂ© Bingui d'ĂȘtre le "chef" du groupe, le "patron de la Paternelle", citĂ© de Marseille oĂč se trouvaient les points de deal les plus juteux Ă l'Ă©poque. En garde Ă vue, elle l'a dit responsable de la mort de son mari, beau-frĂšre de Bingui, l'accusant d'ĂȘtre Ă l'origine de la guerre entre les deux clans qui a fait des dizaines de morts et blessĂ©s en 2023 dans la citĂ© phocĂ©enne. Une de ses amies, veuve de Nadir Amara, Ă©galement assassinĂ© en Espagne, affirmait quant Ă elle avoir "toutes les preuves pour mettre fin Ă la belle vie" du clan, quand une autre reprochait Ă son mari de "faire du +go fast+ pour Bingui" ou "d'ĂȘtre un tueur comme Bingui". "Toutes ces femmes dans ce dossier, elles sont lĂ Ă parler entre elles, mais elles disent n'importe quoi, elles sont tarĂ©es, elles dĂ©lirent", lance FĂ©lix Bingui, qui pour la premiĂšre fois semble perdre son sang-froid. "Je n'ai jamais Ă©tĂ© quelqu'un de violent", affirme-t-il Ă plusieurs reprises. "C'est Ă cause d'histoires de femmes, elles me reprochaient de passer des weekends avec leurs maris, avec des filles, elles se chauffaient entre elles !" Le procĂšs se poursuivra avec le rĂ©quisitoire lundi, avec un verdict attendu en fin de semaine. https://information.tv5monde.com/societe/le-clan-yoda-une-bande-de-jeunes-aimant-taper-le-carton-et-voyager-2823753