loading . . . 1,3 milliards d'euros d'aide humanitaire pour le Soudan Par Elena Lionnet avec agences
Famine, massacres, et maintenant, la difficulté d'acheminer l'aide humanitaire à cause du conflit au Moyen Orient. Le Soudan entre ce 15 avril dans sa quatrième année de guerre et la communauté internationale réunie à Berlin a promis plus de 1,3 milliard d'euros d'aide humanitaire.
Famine, massacres, et maintenant, la difficulté d'acheminer l'aide humanitaire à cause du conflit au Moyen Orient. Le Soudan entre ce 15 avril dans sa quatrième année de guerre et la communauté internationale réunie à Berlin a promis plus de 1,3 milliard d'euros d'aide humanitaire. Une "crise abandonnée", comme ont pu le dire de nombreux acteurs humanitaires, qui va peut-être trouver un peu de répit après cette réunion à Berlin. Le Soudan est décrit comme le plus grand défi humanitaire au monde, notamment en termes de déplacements de population et de faim. Il n'y a pas de fin en vue aux combats entre l'armée et le groupe paramilitaire Forces de soutien rapide, ou FSR, qui, selon des témoins et des groupes humanitaires, ont ravagé certaines parties de la vaste région du Darfour.
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Mais ce 15 avril, 54 États étaient réunis à Berlin pour parler de ce conflit oublié et ont promis 1,3 milliard d'euros de dons. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a vu un "signe positif" dans ces engagements de soutien, "dans un contexte de diminution des ressources humanitaires". Les promesses récoltées à Berlin dépassent celles de la précédente conférence à Londres, où avaient été récoltés 850 millions d'euros. La pire crise humanitaire au monde, comme l'ONU a qualifié la situation au Soudan, a fait désormais plus de 13 millions de déplacés, selon Johann Wadephul, et le nombre de morts "se chiffre probablement en centaines de milliers". Plus de 20 millions de personnes au Soudan souffrent de la faim aiguë, soit la moitié de la population. Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères Ce conflit est un "cauchemar" qui doit "prendre fin" , selon le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, exigeant un cessez-le-feu immédiat. Mais trois ans jour pour jour après le début du conflit, la réunion de Berlin, qui a rassemblé gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile, mais exclu les deux belligérants, l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), n'a pas permis de percée sur une éventuelle trêve. Le gouvernement soudanais de Khartoum a qualifié la conférence d’ingérence "inacceptable" et a déclaré que l’Allemagne n’avait pas consulté le Soudan avant de la convoquer. Le représentant américain, Massad Boulos, a appelé les deux parties à "une pause de trois mois" dans les hostilités, une trêve humanitaire "sans aucune condition préalable" pour travailler à "un cessez-le-feu permanent" et à une "transition politique". Des acteurs de la société civile soudanaise, présents à Berlin, ont de leur côté préparé "des voies vers une transition civile" , a noté Johann Wadephul. Population "épuisée" Une perspective très lointaine pour une population "épuisée" , témoigne Amgad Ahmed, 42 ans, à Omdurman, ville jumelle de Khartoum, la capitale soudanaise. "Nous avons perdu notre travail, nos économies et tout sentiment de stabilité" , confie l'homme, resté chez lui durant tout le conflit.
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Près de 700 civils ont été tués dans des frappes de drones depuis janvier, les deux camps ayant intensifié leurs attaques, en particulier dans les États du Kordofan-Sud (sud) et du Nil Bleu (sud-est), selon l'ONU. Au moins 59 000 personnes ont été tuées. Au moins 6 000 personnes sont mortes en trois jours alors que les RSF se déchaînaient dans l’avant-poste d’El-Fashe r au Darfour en octobre, selon les Nations Unies, des experts soutenus par l’ONU concluant que l’offensive présentait "les caractéristiques déterminantes d’un génocide" . Plus de 11 000 personnes ont disparu au cours de la guerre, selon la Croix-Rouge.
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Un calme fragile s'est toutefois installé dans la capitale, reprise par l'armée en 2025, où la reconstruction a commencé dans certains secteurs. Les marchés ont rouvert, le trafic automobile a repris, les examens de fin d'études secondaires se sont tenus cette semaine. La prise de Khartoum et d’autres zones urbaines du centre du Soudan par l’armée début 2025 a permis le retour d’environ 4 millions de personnes dans leurs foyers, a déclaré l’agence des Nations Unies pour les migrations en mars. Mais ils doivent composer avec des infrastructures endommagées et d’autres défis. "Il ne s'agit pas vraiment d'un retour à la normale. Il s'agit d'essayer de survivre dans une nouvelle normalité" , objecte Tjada D'Oyen McKenna, Directrice de l'ONG Mercy Corps interrogée par Associated Press. Al-Bachir Babker al-Bachir, 41 ans, revenu après trois ans d'absence, estime que la ville aura besoin de plusieurs années pour se relever. "La route menant à l'université où j'ai étudié n'est plus la même, les murs sont noirs (...) Ce ne sont plus les mêmes endroits" , raconte-t-il à l'AFP. "ingérances inacceptables" Les efforts diplomatiques menés par le "Quad" (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte) ont jusqu'à présent échoué, les deux camps continuant de se disputer le contrôle du pays - le troisième plus grand d'Afrique - en bénéficiant du soutien de parrains étrangers.
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L'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie soutiennent l'armée soudanaise, et les Émirats arabes unis sont accusés d'armer les FSR. Tous nient une implication directe dans les hostilités. Le laboratoire de recherche humanitaire de l’école de santé publique de Yale, qui suit la guerre grâce à des images satellite, a déclaré ce mois-ci que le FSR avait reçu le soutien militaire d’une base en Éthiopie. Ce dernier n’a pas commenté cette allégation. Ce mercredi 15 avril, Antonio Guterres a aussi exigé que cessent "les ingérences extérieures et le flux d'armes qui alimentent" le conflit. Les participants réunis à Berlin appellent "tous les acteurs ayant une influence sur les parties au conflit" à ce "qu'ils intensifient la pression" sur celles-ci, a insisté Johann Wadephul. Au-delà de la destruction des infrastructures, la guerre a plongé certaines parties du Soudan dans la famine. Le nombre de personnes souffrant de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus dangereuse et la plus mortelle, devrait atteindre 800 000, ont déclaré en février les plus grands experts mondiaux en matière de sécurité alimentaire, la Classification intégrée de la sécurité alimentaire . 34 millions de Soudanais ont besoin d'aide Environ 34 millions de personnes, soit près de deux Soudanais sur trois, ont besoin d'aide, selon l'ONU. Selon l'Organisation mondiale de la santé, seuls 63 % des établissements de santé restent entièrement ou partiellement fonctionnels en cas d'épidémies de maladies, notamment de choléra. Dans un centre pour enfants malnutris de la ville de Port-Soudan, sur la mer Rouge, le personnel de santé a pesé des bébés qui pleuraient et a nourri certains d'entre eux grâce à un tube placé dans leur nez. Le nombre d'enfants gravement malnutris admis dans ce centre de 16 lits a doublé depuis le début de la guerre, pour atteindre 60 par semaine, a indiqué le personnel. Plusieurs enfants doivent souvent partager un matelas. "Je ne sais pas ce qui va se passer dans les prochains jours" , a déclaré le Dr Osman Karrar. Aujourd'hui, les prix du carburant au Soudan ont augmenté de plus de 24 % en raison de la guerre en Iran et de ses effets sur le transport maritime, qui ont fait grimper les prix des denrées alimentaires. "Un appel de ma part : s'il vous plaît, n'appelez pas cela une crise oubliée. J'y fais référence comme une crise abandonnée ", a déclaré le 13 avril la plus haute responsable de l'ONU au Soudan, Denise Brown, critiquant la communauté internationale pour ne pas se concentrer sur la fin des combats. Un appel entendu en partie, ce 15 avril à Berlin. https://information.tv5monde.com/afrique/13-milliards-deuros-daide-humanitaire-pour-le-soudan-2817819