loading . . . Guerre en Iran : l'Italie rejoint l'Espagne et dit niet aux avions américains Le ministre de la Défense italien Guido Crosetto a refusé, il y a plusieurs jours, l’autorisation à des bombardiers américains d’atterrir à la base de Sigonella, en Sicile, avant de repartir vers le Moyen-Orient. L’information, révélée ce mardi 31 mars par le Corriere della Sera, survient au lendemain de la décision de l’**Espagne** de fermer ses bases de Morón et Rota aux appareils américains engagés dans la guerre contre l’Iran.
Le chef d’état-major de la Défense, le général **Luciano Portolano** , a été informé par l’état-major de l’Armée de l’air que des aéronefs américains avaient prévu un atterrissage à Sigonella. Aucune demande d’autorisation préalable n’avait été formulée, et les responsables militaires italiens n’avaient pas été consultés. Le plan de vol a été transmis alors que les appareils étaient déjà en l’air. **Portolano** a alerté **Crosetto** , qui a ordonné le refus d’accès. Les vérifications ont établi qu’il s’agissait de bombardiers, une catégorie de vols non couverte par les traités bilatéraux en vigueur entre Rome et Washington.
## Sigonella, une base italienne sous conditions américaines
La présence militaire américaine en Italie repose sur le _Bilateral Infrastructure Agreement_ de 1954, complété par les accords du **SOFA OTAN** de 1951. Ces textes encadrent l’utilisation des quelque 120 installations américaines recensées sur le territoire italien, dont Sigonella constitue le nœud central en Méditerranée. Surnommée le « _porte-avions de la Méditerranée_ », la base accueille notamment les drones de surveillance **MQ-9 Reaper** et soutient le commandement américain **AFRICOM**. Environ 12 000 militaires américains sont stationnés en Italie. Les accords prévoient explicitement qu’en dehors des vols de routine et des missions logistiques approuvées dans le cadre de l’OTAN, toute opération militaire extraordinaire requiert un accord politique préalable de Rome. C’est précisément ce cadre qu’a invoqué Crosetto, rappelant devant le Parlement début mars qu’une telle opération nécessitait une « _autorisation préalable soumise à approbation parlementaire_ ».
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## Deux alliés fondateurs qui tracent une ligne
La séquence italo-espagnole des 30 et 31 mars marque une rupture dans la gestion interne de l’alliance atlantique face à la guerre en Iran. **L’Espagne** , membre de **l’OTAN** depuis 1982 et hôte des bases navale de Rota et aérienne de Morón — où sont stationnés environ 3 000 soldats américains —, a opposé un refus public et assumé, sa ministre de la Défense Margarita Robles déclarant que Madrid avait « _clarifié cela dès le début_ » avec Washington. **L’Italie** , membre fondateur de l’OTAN dès 1949 et partenaire militaire de Washington depuis plus de sept décennies, a opté pour un refus discret, transmis par voie hiérarchique, sans déclaration publique officielle du ministère de la Défense. Les deux pays maintiennent formellement leurs engagements dans l’Alliance, mais refusent que leur sol serve de tremplin à des frappes qui, selon les termes mêmes de Crosetto en mars, ont « _certainement eu lieu en dehors des règles du droit international_ ». Lors de la guerre d’Irak en 2003, l’Italie avait accordé un « _usage limité_ » de ses bases aux forces américaines. La posture actuelle est sensiblement plus restrictive. Le secrétaire d’État américain **Marco Rubio** a déclaré lundi que Washington pourrait être contraint de « _réévaluer sa relation avec l’OTAN_ » à l’issue du conflit, selon LaPresse.
Le ministère de la Défense italien n’avait pas émis de déclaration officielle publique au moment de la publication de cet article. Aucun calendrier de discussion bilatérale entre Rome et Washington n’a été annoncé.
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https://lanouvelletribune.info/2026/03/guerre-en-iran-litalie-rejoint-lespagne-et-dit-niet-aux-avions-americains/